Photographier une exoplanète autour d'une autre étoile, c'est comme essayer de distinguer un ver luisant devant un projecteur. L'atmosphère terrestre ne cesse de bouger, et dans un télescope, cela se traduit par des taches dansantes, les speckles. L'optique adaptative (un système de miroirs rapides) atténue le tremblement, mais une partie des perturbations subsiste.
Une équipe de chercheurs a testé une nouvelle approche : consulter le « journal de bord » de l'optique adaptative elle-même. Les capteurs de front d'onde enregistrent des centaines de fois par seconde la manière dont la lumière est déformée. En fournissant ces données à un modèle informatique du télescope, on peut reconstituer plus précisément l'aspect de la tache stellaire, puis la soustraire de l'image. Le modèle a utilisé l'optique du coronographe ERIS sur le Très Grand Télescope au Chili.
Mais un problème est apparu. La caméra qui prend l'image et les capteurs d'optique adaptative tremblent légèrement différemment, comme deux passagers dans un bus sur une route cahoteuse. Cet écart, ou jitter, empêche de reconstituer précisément la forme de la tache stellaire. Les auteurs proposent un plan : mesurer ce jitter et en trouver la cause mécanique. Si cela réussit, les images d'exoplanètes deviendront nettement plus nettes.
Les speckles sur les images astronomiques ressemblent à la « neige » d'un vieux téléviseur, sauf qu'ils ne sont pas aléatoires : ils reproduisent un motif induit par l'atmosphère et l'optique.