La jonction Josephson est un pont de supraconducteur séparé par une couche isolante extrêmement mince. Un courant la traverse même en l'absence de tension. Mais lorsque le courant devient trop important, le pont se met à osciller, et des marches régulières apparaissent sur le graphique de la tension : les marches de Shapiro. Entre ces marches se cachent des fentes invisibles où le système se comporte de manière étrange. On les considérait auparavant comme une simple curiosité mathématique.
Les auteurs de l'étude ont discerné dans cette curiosité un lien profond. Ils ont montré que les trajectoires classiques « canards » sont les ombres des transitions quantiques appelées instantons. Un instanton est un événement instantané qui fait passer le système d'un état à un autre, comme si une particule traversait un mur en un instant. Dans le monde classique, cela ressemble à une courbe de trajectoire fluide mais très subtile.
Les chercheurs ont testé leur idée sur les équations de la jonction Josephson avec amortissement. Les calculs analytiques ont coïncidé avec la modélisation numérique. Ainsi, l'étrangeté classique a acquis une ascendance quantique. Le pont entre les deux mondes est construit.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2608.00579v1
We bridge two sides of singular perturbation theory: the classical theory of slow-fast systems and the semi-classical approach to quantum mechanical systems. For a specific but physically important class of dynamical systems, we show that purely classical and exotic objects, so-called canard solutions, are shadows of instantons in the corresponding quantum system. We demonstrate that canard solutions exist in a domain of parameter space whose boundaries are determined by an instanton action. We illustrate our statements analytically for the relevant example, the overdamped Josephson junction, and confirm them numerically. For the Josephson junction, the canard window is the exponentially narrow gap between consecutive Shapiro steps.
Le mot « canard » en mathématiques vient du canard de journal français, une histoire invraisemblable. On a ainsi nommé des solutions qui semblent invraisemblables mais qui existent.