Dans les tout premiers instants après le Big Bang, la matière et l'antimatière auraient dû naître en quantités égales. Mais aujourd'hui, tout autour de nous n'est que matière ordinaire, et l'antimatière est quasi introuvable. Où est-elle passée ? La réponse standard : un infime déséquilibre en faveur de la matière a anéanti presque toute l'antimatière. Un nouveau modèle propose un autre scénario : l'antimatière n'a pas totalement disparu, elle se serait rassemblée en d'immenses amas – des galaxies entières d'antimatière.
Le modèle s'appuie sur l'idée que, dans l'Univers primordial brûlant, des régions où l'antimatière dominait ont pu exister. Ces régions se sont contractées sous leur propre gravité et ont formé des étoiles et des galaxies, tout comme la matière ordinaire. Les auteurs affirment que de telles antigalaxies devraient laisser des traces observables. L'une d'elles : des anomalies dans le rayonnement gamma cosmique – au contact de l'antimatière avec la matière ordinaire naissent des sursauts caractéristiques. Une autre trace : des particularités dans la distribution des galaxies dans l'espace, difficiles à expliquer sans l'antimatière.
La vérification du modèle est l'affaire des futurs télescopes, mais dès à présent il explique plusieurs observations intrigantes. Par exemple, certaines sources de rayonnement gamma n'ont pas d'explication ordinaire évidente. De plus, l'antimatière pourrait en partie expliquer la nature de la matière noire – cette substance mystérieuse qui maintient les galaxies ensemble. Si au moins une partie de la matière noire est de l'antimatière sous une forme cachée, cela change notre vision du monde.
Pour l'instant, c'est une hypothèse audacieuse, mais elle rappelle que l'Univers pourrait être plus retors que nous n'avons l'habitude de le penser. Peut-être, là-bas, à des milliards d'années-lumière, existent des étoiles dont la lumière est indiscernable de la nôtre, mais qui sont faites d'une matière miroir. Et si un jour nous rencontrions une telle galaxie, les conséquences seraient grandioses – au sens propre du terme.
L'annihilation d'un gramme d'antimatière avec de la matière libérerait une énergie comparable à l'explosion d'une bombe atomique. Heureusement, en laboratoire, on ne produit de l'antimatière qu'en quantités infimes.
Dans la série « Star Trek », les moteurs des vaisseaux fonctionnent grâce à la réaction matière-antimatière, ce qui leur confère une puissance énorme.