Un facteur muni de ciseaux pénètre dans une forêt dense de cordes entrelacées. Il doit couper le plus de cordes possible pour se frayer un chemin vers l'intérieur. Jusqu'ici, personne ne pouvait voir à la fois le facteur avancer et la forêt s'éclaircir.
Il s'avère que le facteur se déplace à la même vitesse, quelle que soit sa force ou la densité de la forêt. Son mouvement n'est dicté que par l'agitation thermique des molécules. Mais la forêt fond plus lentement qu'on ne l'attendrait, car le facteur s'essouffle progressivement. Sa capacité à couper diminue d'abord rapidement, puis lentement, et c'est ce lent déclin qui détermine la vitesse à laquelle les cordes disparaissent.
Maintenant que les deux processus sont mesurés ensemble, on peut calculer plus précisément combien de facteurs et avec quelle force il faut les envoyer pour dégager la forêt dans le temps imparti. Cela sera utile pour transformer les déchets végétaux en carburant et pour concevoir des médicaments qui doivent se libérer au bon endroit dans le corps.
L'exposant 0.5 dans la loi de progression du front pour l'enzyme sauvage a d'abord suggéré un contrôle purement diffusionnel, mais les données du mutant avec un exposant de 0.7 et la modélisation ont montré qu'il s'agissait d'une coïncidence : en réalité, le front ralentit en raison de la perte progressive d'activité de l'enzyme.