Le processus par lequel une chaîne protéique adopte sa structure tridimensionnelle fonctionnelle.Le repliement des protéines est le processus physique par lequel une chaîne linéaire d'acides aminés — synthétisée par un ribosome — adopte spontanément sa structure tridimensionnelle unique et fonctionnelle. Cet « état natif » est déterminé par la séquence d'acides aminés de la protéine et est crucial pour sa fonction biologique : les enzymes nécessitent des sites actifs précis, les anticorps des formes de liaison spécifiques, et les protéines structurelles une stabilité mécanique. Un mauvais repliement est associé à des maladies telles que la maladie d'Alzheimer, la maladie de Parkinson et le diabète de type 2.
La question fondamentale — comment la séquence détermine la structure — a été posée par Christian Anfinsen dans les années 1950, qui a montré que la ribonucléase peut se replier spontanément in vitro, ce qui lui a valu le prix Nobel de chimie en 1972. La prédiction computationnelle du repliement à partir de la seule séquence est restée un défi majeur jusqu'à l'avènement des outils d'apprentissage profond comme AlphaFold en 2020.
Le repliement est piloté par l'effet hydrophobe (les chaînes latérales non polaires se regroupent à l'écart de l'eau), les liaisons hydrogène, les interactions de van der Waals et les ponts disulfure. Le processus n'est pas une recherche aléatoire : les protéines se replient via un paysage énergétique en entonnoir, où des intermédiaires partiellement repliés guident la chaîne vers l'état natif. Les chaperons moléculaires aident en empêchant l'agrégation, et certaines protéines nécessitent des cofacteurs ou des modifications post-traductionnelles pour se replier correctement. L'ensemble du processus se déroule sur des échelles de temps allant de la microseconde à la seconde, selon la taille et la complexité de la protéine.
La compréhension du repliement est utilisée dans la conception de médicaments (ciblant les protéines mal repliées), dans l'ingénierie de nouvelles enzymes et de biomatériaux, et dans le développement de traitements pour les maladies liées au mauvais repliement des protéines. Elle permet également de concevoir des protéines de novo avec des fonctions absentes de la nature.
Une protéine typique se replie en quelques millisecondes, mais si elle essayait aléatoirement toutes les conformations possibles, cela prendrait plus longtemps que l'âge de l'Univers — un paradoxe connu sous le nom de paradoxe de Levinthal, résolu par le concept de paysage énergétique.












