Des ingénieurs ont mis au point un matériau qui étouffe les vibrations sur plusieurs fréquences à la fois, tel un mille-feuille de tamis aux mailles variées. Chaque couche-tamis laisse passer certaines oscillations et en retient d'autres, fonctionnant de manière indépendante. À l'instar de la spectroscopie de la lumière, où les différentes couleurs sont séparées, cette méthode décompose les vibrations complexes en composantes simples. Un programme informatique, en analysant les données, choisit lui-même le motif de ces filtres, réduisant l'entropie de la recherche et trouvant les meilleures solutions.
Les grandes structures n'affectent pas le fonctionnement des petites, et vice versa. Les motifs obtenus sont non seulement efficaces, mais aussi compréhensibles : le programme met en évidence les caractéristiques clés, comme un maître voit l'essence dans une ébauche. Des idées similaires pourraient aider à étudier les ondes gravitationnelles — ces ondulations de l'espace qui possèdent également des fréquences spécifiques. Comme l'eau qui se calme par temps calme, ce matériau élimine les vibrations parasites.
De telles structures mèneront à des microscopes insensibles aux moindres tremblements, et à des bâtiments où le vacarme de la rue ne pénètre pas. Fait surprenant : l'algorithme ne se contente pas d'essayer des options — il explique lui-même quels éléments du motif sont importants, un peu comme un professeur qui indique le chemin vers la solution.
Les ingénieurs utilisent déjà des principes similaires pour l'isolation acoustique dans les voitures et les avions, mais travailler sur plusieurs fréquences simultanément reste un défi.
Le vibranium fantastique de Marvel, capable d'absorber toutes les vibrations, pourrait un jour devenir réalité grâce à de telles méthodes.