Une balançoire pour enfants ne peut pas se balancer en avant et en arrière en même temps. Mais des physiciens proposent une méthode pour une nanoficelle — un résonateur mécanique. On y connecte un qubit (un atome artificiel) et on lui applique un signal électrique dont la fréquence est le double de la fréquence propre de la corde. Cela force la corde à osciller dans deux directions opposées à la fois — un peu comme le célèbre chat de Schrödinger, mais en version mécanique.
Étonnamment, les pertes d'énergie ne nuisent pas, elles aident : elles stabilisent cet état étrange. C'est un peu comme la croissance de l'entropie (le désordre) dans les systèmes ouverts qui mène parfois à l'ordre. Pour vérifier, on utilise la spectroscopie — une analyse précise des oscillations, un peu comme accorder une corde de guitare à l'oreille.
La méthode est bien plus simple que les précédentes : pas besoin de pièges encombrants ni de nombreux appareils. Un seul qubit et un résonateur suffisent. Le plus gros objet pour lequel on avait observé une superposition quantique était une molécule de 2000 atomes. Ici, on parle d'une corde composée de milliards d'atomes — un véritable géant quantique. De tels états ouvriront la voie à des capteurs d'une précision incroyable et à des calculs quantiques robustes.
En 2019, des scientifiques ont refroidi une nanoficelle jusqu'à un état où elle a complètement cessé de trembler à cause de la chaleur.
Les états du chat de Schrödinger sont souvent exploités en science-fiction, des histoires de dédoublement de la réalité aux ordinateurs quantiques du futur.