Dans une nouvelle étude, des scientifiques ont modélisé un trou noir en rotation, autour duquel l'espace-temps est tellement courbé que même la lumière ne peut s'en échapper. Dans un tel environnement, des amas de gaz surchauffés se déplacent sur des orbites, comme des musiciens dans un orchestre : certains suivent un rythme précis, d'autres se perdent dans une cacophonie chaotique. Pendant longtemps, les astronomes ne savaient pas distinguer l'ordre du chaos en observant simplement la lumière du trou noir. Mais désormais, en enregistrant les variations de luminosité — la courbe de lumière — et en analysant son spectre de puissance, les chercheurs ont trouvé la clé. Le spectre de puissance montre à quelles fréquences la lumière pulse. Pour les orbites régulières, il révèle des pics nets et isolés — comme une note unique. Pour les orbites chaotiques, il montre des bosses larges et floues, semblables au bruit du vent. Étonnamment, même dans ce bruit, une régularité se dessine : la largeur du pic permet de calculer l'intensité du chaos. Ainsi, le chaos étale le signal, mais c'est précisément cet étalement qui permet de mesurer sa force. Cette découverte donne aux astronomes un outil pour rechercher le chaos dans les trous noirs réels.
Le chaos ne signifie pas un désordre total : il contient des régularités cachées, difficiles à prédire.
Dans « Le Problème à trois corps » de Liu Cixin, le chaos des trois soleils rend le climat imprévisible, tout comme les orbites chaotiques autour d'un trou noir affectent sa luminosité.