À l'intérieur de chaque cellule vivante, des transformations chimiques se déroulent sans interruption. Certaines produisent des particules instables dont les électrons se comportent comme des aimants appariés. Leur interaction évoque une danse : chaque mouvement du couple réagit aux champs magnétiques externes, comme à un rythme changeant.
Voir cette danse directement était entravé par son invisibilité. Désormais, les scientifiques éclairent la cellule avec une paire d'éclairs laser ultra-courts. Le premier fait démarrer les danseurs, le second, arrivant précisément un instant plus tard, fait briller les produits de la réaction. En analysant les variations de luminosité de cette émission, on reconstruit chaque « pas » — on obtient une image de la chimie des interactions magnétiques.
La méthode a été testée sur des cellules contenant une molécule sensible au magnétisme. Le même principe explique la navigation des oiseaux migrateurs : leurs cellules visuelles captent la danse des électrons, transformant le champ magnétique terrestre en images perceptibles. À terme, on envisage des capteurs portables et une thérapie contrôlée par de faibles impulsions magnétiques.
Les oiseaux migrateurs utilisent ce même mécanisme : leurs yeux captent la danse des électrons, transformant le champ magnétique terrestre en indices visuels.