Une étoile à 300 années-lumière danse avec un partenaire invisible. Un côté de l'étoile chauffe plus que l'autre, comme si le danseur invisible lui soufflait un vent brûlant. Ce partenaire est une étoile à neutrons — une braise de la taille d'une ville, si dense qu'une cuillère à café de sa matière pèserait plus que le mont Everest. Son vent de particules féroce, focalisé par un champ magnétique un billion de fois plus fort que celui de la Terre, crée un point chaud lumineux sur la surface exposée.
Les étoiles à neutrons se forment lorsque des étoiles massives explosent en supernovae. En repérer une à proximité aide à retracer les explosions anciennes qui ont dispersé des éléments rares, comme le fer-60 dans les fonds océaniques. Les astronomes ont détecté ce partenaire caché grâce à des mesures de l'oscillation de l'étoile et à la décomposition de sa lumière en arc-en-ciel. En se concentrant sur une lueur spécifique de l'hydrogène, ils ont révélé le point chaud. Le motif indique un vent d'étoile à neutrons ; une naine blanche (une autre forme de cadavre stellaire) ne peut pas produire ce chauffage sans énergie supplémentaire. Prédites pour la première fois par Fritz Zwicky en 1934, les étoiles à neutrons ont été découvertes par Jocelyn Bell Burnell en 1967 sous forme de signaux radio pulsés.
Bien qu'elle ne fasse qu'environ 20 kilomètres de diamètre, une étoile à neutrons peut tourner sur elle-même des centaines de fois par seconde — plus vite qu'un mixeur de cuisine.
Dans le roman de science-fiction « L'Œuf du Dragon », la vie évolue à la surface d'une étoile à neutrons sous une gravité écrasante.