Les électrons dans un métal, c'est un peu comme la foule dans le métro : chacun vaque à ses occupations, mais à la moindre poussée, tout le monde bouge d'un coup. Cette oscillation collective du gaz électronique, les physiciens l'appellent un plasmon. Dans les supraconducteurs, ces oscillations sont particulièrement importantes, car elles révèlent comment les électrons interagissent entre eux.
Dans les nickelates — des supraconducteurs à base de nickel découverts récemment — les plasmons n'avaient encore jamais été observés. Des chercheurs ont maintenant utilisé la diffusion inélastique résonante des rayons X (une méthode où le rayon X cède une partie de son énergie aux électrons, et où l'on peut déduire les mouvements collectifs à partir des pertes) et ont pour la première fois détecté des plasmons dans le nickelate métallique Pr4Ni3O8. Il s'avère que dans ce matériau, les plasmons s'atténuent nettement plus fortement et leur vitesse est plus faible que dans les cuprates — l'autre classe de supraconducteurs à haute température, à base de cuivre.
Ce comportement indique que dans les nickelates, les électrons sautent plus difficilement d'un atome à l'autre, et que les charges électriques sont davantage écrantées. Cela signifie que les analogies souvent faites entre nickelates et cuprates ne fonctionnent que partiellement. Comprendre les plasmons aidera à préciser comment la supraconductivité se manifeste dans les nickelates et si l'on peut y transposer les recettes éprouvées pour les cuprates.
Les plasmons sont des oscillations collectives du gaz électronique, semblables aux vagues qui parcourent la foule dans un stade.
Dans la science-fiction, les plasmons sont parfois évoqués comme un moyen de transmettre de l'énergie ou de l'information, mais en réalité, ils servent surtout à étudier les propriétés des matériaux.