Un ruban de graphène large de neuf atomes est une piste sur laquelle les électrons courent comme l'eau dans un étroit canal. Les rayons gamma sont un flux de particules à très haute énergie, capables de traverser le métal et le plastique. Lorsqu'un tel flux frappe le ruban, il ne le casse pas, mais en griffe légèrement la surface, y laissant des atomes d'oxygène supplémentaires.
Les scientifiques ont assemblé un transistor à partir de ce ruban et l'ont irradié avec des rayons gamma. Après l'irradiation, la structure du ruban n'a presque pas changé – c'est ce qu'a montré un spectromètre, un appareil qui « voit » les vibrations des atomes. Mais le courant à travers le ruban est devenu nettement plus faible. Les électrons se coincent plus souvent sur les irrégularités, comme l'eau s'accroche aux rugosités du canal.
Cette sensibilité n'est pas un défaut, mais une propriété utile. Si le ruban change de conductivité sous l'effet des radiations, on peut l'utiliser comme détecteur. Un tel détecteur tiendrait sur une puce et surveillerait les radiations directement dans un engin spatial ou à proximité d'un réacteur nucléaire.
Les rayons gamma sont la forme de lumière la plus énergétique. Un seul de ces rayons transporte des milliers de fois plus d'énergie que la lumière visible et peut traverser plusieurs centimètres de plomb.