Un nageur dans une piscine remplie de sirop ne se déplace pas comme dans l'eau claire : chaque coup de bras est plus difficile, mais on peut aussi pousser plus fort. C'est à peu près ce que font les unicellulaires – de minuscules nageurs qui se propulsent dans un liquide grâce à leurs flagelles. Des scientifiques ont filmé des algues unicellulaires, les chlamydomonas, et des bactéries, les salmonelles, en train de nager, et ont calculé à partir de leur mouvement la force avec laquelle elles poussent sur l'eau à chaque instant.
Il s'est avéré que la force de propulsion n'est pas une simple onde, mais la superposition de plusieurs ondes avec des vitesses d'atténuation différentes. C'est comme un musicien qui joue non pas une note, mais un accord : les sons individuels se fondent, mais chacun s'entend à sa manière. Les modèles précédents ne décrivaient qu'une seule note, donc ils prédisaient mal où la cellule allait. Le nouveau modèle, construit sur des données réelles, a pris en compte tout l'accord et a montré : pour une viscosité moyenne du liquide, les cellules se dispersent le plus rapidement.
Le secret est que la cellule perçoit l'épaisseur du milieu et modifie la nature de ses battements. Dans une eau trop fluide, le coup est perdu ; dans un milieu trop épais, la force ne suffit pas ; et quelque part entre les deux, la dispersion est la plus rapide. L'algue chlamydomonas est en ce sens plus puissante que la salmonelle : son « moteur » produit des femtowatts – mille fois plus, même si pour nous c'est toujours infiniment peu.
Cette approche aide à comprendre comment les bactéries se dispersent dans le sol ou comment les cellules cancéreuses se frayent un chemin à travers les tissus. La viscosité du milieu n'est pas simplement un arrière-plan, mais un bouton de réglage que la cellule tourne elle-même à son avantage.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2601.18669
Cell motility underlies many biological processes, including cancer metastasis, bacterial infection, and evolutionary adaptation. We introduce a non-equilibrium single-cell motility model inspired by the generalized Langevin equation, which accounts for hydrodynamic friction and correlated propulsion force. From video microscopy of Chlamydomonas reinhardtii algae and Salmonella typhimurium bacteria we extract the propulsion-force dynamics on the single-cell level, which we find to exhibit multi-exponential correlations, not captured by literature non-equilibrium cell-motility models. Based on our data-driven model, we predict the effective cell diffusivities beyond experimentally resolved timescales and demonstrate a diffusivity maximum at intermediate solvent viscosity for both cell types. This means that cells adapt their propulsion-force characteristics according to the solvent viscosity. In addition, our model predicts the power output of single cells, which is on the order of aW for the salmonella and fW for the algae.
La chlamydomonas est une algue unicellulaire à deux flagelles qui nage comme en brasse : elle projette ses flagelles vers l'avant, puis les écarte brusquement sur les côtés. Elle est capable de percevoir la lumière et de nager vers elle pour réaliser la photosynthèse.