Des scientifiques ont construit un modèle de la Terre d'où l'on a retiré tous les organismes vivants — des bactéries aux arbres. Sur des milliards d'années, cette « maison vide » ne s'est pas transformée en désert glacé. Les volcans, telles des fournaises, rejettent du dioxyde de carbone, tandis que l'altération des roches, comme un thermostat, l'absorbe. Ces processus maintiennent une température confortable et de l'eau liquide sans aucune aide de la biosphère.
Le tour de force réside dans la lumière. La planète réfléchit les rayons du soleil, et cette empreinte arc-en-ciel semble indiquer une vie foisonnante. Même le télescope le plus sensible du futur — l'observatoire des mondes habitables — pourrait s'y tromper, prenant une illusion géologique pour une biosignature. Ainsi, la quête de vie extraterrestre risque de trouver un monde vide mais accueillant, qui se fait passer pour vivant.
Même si l'on retirait toute vie, la Terre continuerait pendant des milliards d'années à envoyer dans l'espace un « salut » lumineux que les astronomes prendraient pour un signe de biosphère.