Un trou noir ordinaire est un puits sans fond d'où même la lumière ne peut s'échapper. Mais des physiciens ont trouvé un moyen de transformer ce puits en tunnel traversable — un trou de ver. En partant du modèle de trou noir établi en 1916 par Karl Schwarzschild à partir des équations d'Einstein, les scientifiques y ont ajouté un ingrédient inhabituel : l'énergie négative. Cette substance possède une antigravité : elle ne attire pas, elle repousse l'espace.
En faisant entrer en collision deux flux de cette énergie, se déplaçant à la vitesse de la lumière, on peut amener le trou noir à se métamorphoser en un passage courbé reliant des régions éloignées du cosmos. La grande surprise : pour que le tunnel ne s'effondre pas, sa gorge doit être suffisamment large — un passage étroit s'écraserait sous son propre poids, tandis qu'un passage spacieux resterait béant, comme une crête montagneuse percée de part en part.
Cette dynamique montre pour la première fois la naissance d'un trou de ver traversable à partir d'un trou noir. Et l'énergie négative n'est pas de la science-fiction : on la produit déjà en laboratoire grâce à l'effet Casimir. Un jour, cela pourrait nous permettre d'atteindre d'autres étoiles non pas en des milliers d'années, mais en un instant.
On peut créer de l'énergie négative en laboratoire grâce à l'effet Casimir : deux plaques métalliques dans le vide s'attirent l'une vers l'autre parce qu'il naît moins de particules virtuelles entre elles qu'à l'extérieur.
Dans le film « Interstellar », un trou de ver est utilisé pour des voyages interstellaires — exactement ce dont rêvent les scientifiques.