La lumière du soleil est un torrent impétueux qui charrie des paires de gouttelettes inséparables. Voilà à quoi ressemble l'intrication quantique : deux particules si liées que l'agitation de l'une se répercute instantanément sur l'autre. Autrefois, pour créer de telles paires, il fallait une « eau calme » — un faisceau laser parfaitement réglé. Mais des scientifiques ont pris de la lumière solaire ordinaire (celle-là même qui file vers nous à la vitesse de la lumière) et l'ont fait passer à travers un cristal séparateur qui, telle une roue de moulin, a divisé le flux en paires de particules intriquées.
Les capteurs de lumière de photométrie ont montré une synchronisation quasi parfaite. Le test classique proposé par Bell et affiné par Aspect et Zeilinger a confirmé un comportement authentiquement quantique — sans l'ombre d'une astuce classique. Le torrent sauvage s'en sort aussi bien que l'eau calme.
La surprise : il n'en faut qu'une goutte du flux — le Soleil émet chaque seconde des milliards de fois plus de lumière que n'en exigent tous les réseaux quantiques réunis. Un rover martien pourrait intriquer des particules au coucher du soleil, sans laser. Cela s'inscrit dans le modèle standard de la physique et promet des communications quantiques à bas coût.
Le Soleil émet chaque seconde des milliards de fois plus de lumière que nécessaire pour faire fonctionner tous les réseaux quantiques existants.
Comme dans les livres de science-fiction : peut-être qu'un jour une colonie martienne échangera des signaux intriqués avec la Terre, en utilisant simplement la lumière du jour.