L'hélium liquide, à des températures extrêmement basses, s'écoule sans frottement, telle une lubrifiant parfait. Des tourbillons y naissent, semblables à ceux de l'eau ordinaire, mais leur vitesse de rotation ne peut changer que par paliers stricts, un peu comme un tourne-disque qui ne propose que 33, 45 ou 78 tours. Cette loi, découverte par Lev Landau, semblait immuable.
Mais lorsque les scientifiques ont lâché des particules de poussière dans l'hélium, celles-ci se sont parfois mises à tourner frénétiquement, comme si le disque jouait soudain à toutes les vitesses à la fois. Un tel « paquet » devrait se décomposer en un instant, comme un vinyle sur un mode inexistant. Pourtant, la particule restait piégée à l'intérieur, et le vortex lui-même vivait étrangement longtemps.
Cette découverte bouleverse la science des vortex dans les liquides sans frottement et promet de comprendre le comportement d'autres milieux similaires, des profondeurs des étoiles à neutrons aux noyaux atomiques.
L'hélium sans frottement, refroidi presque au zéro absolu, peut circuler indéfiniment dans un anneau : rien ne le ralentit.