Un supraconducteur ordinaire expulse le champ magnétique, mais cet anneau, au contraire, le crée à l'intérieur de lui-même. L'anneau est fait d'un matériau Fe(Te,Se) — un composé de fer, de tellure et de sélénium qui, à très basse température, perd sa résistance électrique. Lorsqu'on fait passer un courant dans l'anneau, les électrons à l'intérieur se mettent à se déplacer de manière coordonnée, et leurs spins — de minuscules moments magnétiques — s'alignent dans une même direction. Ainsi naît un champ magnétique propre, mesurable.
L'intensité de ce champ croît proportionnellement au courant : plus le courant est fort, plus l'aimant est puissant. Mais le plus intéressant, c'est que la direction du champ dépend à la fois de l'intensité du courant et de sa polarité. Si le courant circule dans un sens, le champ pointe vers le haut ; s'il circule dans l'autre, il pointe vers le bas. Et la relation n'est pas simple : pour de forts courants, l'orientation peut changer de manière inattendue. C'est comme un interrupteur que l'on peut tourner dans différents sens, et qui cliquète différemment.
Pour expliquer ce phénomène, les auteurs ont proposé un modèle faisant intervenir l'interaction de Rashba — un effet qui se produit à la surface des matériaux, où les électrons ressentent un champ électrique. Combinée à une interaction anisotrope, qui dépend de la direction, cela donne le comportement observé. De tels anneaux pourraient devenir la base de la spintronique supraconductrice — une électronique où l'information est codée non pas par la charge, mais par le spin de l'électron. Cela promet des dispositifs plus rapides et plus économes en énergie.
La supraconductivité a été découverte en 1911, en refroidissant du mercure à 4 kelvins — plus froid que dans l'espace interstellaire.
Dans le roman « Vortex » de Peter Watts, les supraconducteurs sont utilisés pour stocker l'information dans des états quantiques.