Dans un nuage sombre où aucune étoile ne s'est encore allumée, le gaz commence à se resserrer vers un centre commun. C'est ainsi que naissent les étoiles les plus massives de la Galaxie, celles qui sont des dizaines de fois plus lourdes que le Soleil. Les astronomes ont pointé des radiotélescopes vers le nuage SDC335.579-0.292 et ont vu les molécules de gaz s'aligner en flux qui tombent vers l'intérieur.
La vitesse de chute s'est révélée modeste – seulement 0,6 à 1,6 kilomètre par seconde. Pour comparaison, un piéton marche à environ 1,4 mètre par seconde, donc le gaz se déplace des centaines de fois plus vite. Mais le plus intéressant n'est pas la vitesse elle-même, mais sa variation avec la distance au centre. Aux abords du nuage, le gaz accélère ; plus près du milieu, il ralentit ; et tout près du centre, il accélère à nouveau. Un tel profil de vitesse indique que le nuage ne se contracte pas simplement en bloc, mais qu'à des distances intermédiaires, il se fragmente en amas et en filaments.
Si le gaz tombait uniformément, les raies d'émission des molécules seraient symétriques. Mais dans les observations, elles sont déformées : une partie du gaz se dirige vers nous, une autre s'en éloigne, et cette distorsion a été interprétée comme de la turbulence. La nouvelle analyse a montré qu'en réalité, le faisceau du télescope cache une chute ordonnée qui se fait passer pour du chaos.
C'est ainsi que naît une étoile géante : d'abord, le nuage se contracte lentement, puis des amas apparaissent en son sein, et seulement ensuite la matière se précipite vers le centre. Ce scénario explique pourquoi les étoiles massives sont souvent entourées d'amas denses et de filaments de gaz.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2603.30029
There is increasing evidence for global collapse of clumps over parsec-scales in massive star formation regions. Such collapse may result in characteristic molecular line emission profiles but the spatial variation of such lines has rarely been quantitatively examined. Here we explore the infall properties using the spatially-resolved HCO$$^+$$ J=1--0 and H$$^{13}$$CO$$^+$$ J=1--0 maps of the massive infrared dark cloud (IRDC) SDC335.579-0.292. We compare the observations with the analytical Hill5 model and radiative transfer models. This shows that the best-fit infall velocity towards the cloud centre to be well-constrained to $$-0.6$$ to $$-1.6$$ km s$$^{-1}$$ and the mass infall rate between a few $$\times10^{-3}$$ and $$10^{-2}$$ M$$_{\odot}$$yr$$^{-1}$$. The comparison also highlights some limitations of the Hill5 method. We demonstrate that the width of optically thin spectral lines, which are usually interpreted as resulting from turbulent motions, are in fact dominated by unresolved, ordered infall motions within the beam. Our results suggest a complex collapse situation where there is a minimum in the infall velocity at $$\sim2\times10^{18}$$ cm (0.7 pc) with the infall velocity increasing at both smaller and larger radii. The parsec-scale infall with an inverted velocity profile indicates that the accretion in this massive star-forming cloud should have intermediate scales, at which fragmentation or filament formation has to occur before material flows onto the cloud centre.
La vitesse de chute du gaz dans ce nuage est d'environ 1 km/s. En une heure, un tel flux parcourt la distance entre Paris et Lyon.
Dans le roman « Le Nuage noir » de Fred Hoyle, un nuage de gaz intelligent contrôle le mouvement de la matière – ici, le nuage organise lui-même sa chute vers le centre, obéissant à la gravité.