Un pulsar est une étoile morte qui tourne à une vitesse folle et émet des impulsions radio comme un phare. Mais pour PSR J1928+1815, le signal s'éteint parfois pendant 3,6 heures. Quelque chose masque le phare. Une étoile compagne orbite autour du pulsar, et son ombre tombe sur nous.
Pendant longtemps, on a pensé que le compagnon était une étoile d'hélium nue : le noyau d'une ancienne étoile dont les couches externes ont été soufflées. Une telle étoile devrait briller intensément dans l'infrarouge. Les astronomes ont pointé le télescope Keck vers le pulsar, avec son optique adaptative — un système qui corrige les turbulences de l'atmosphère, comme un stabilisateur dans une caméra. Ils ont regardé profondément, jusqu'à une magnitude de 21,3 dans le filtre Ks. Et ils n'ont rien vu. Vide.
Reste la naine blanche — un résidu dense d'une étoile comme notre Soleil. Elle est faible, et on ne la voit pas. Mais comment un voisin si discret peut-il créer des éclipses radio ? Deux idées sont possibles. La première : la naine blanche est encore jeune et chaude, et un vent — un flux de particules qui absorbe les ondes radio du pulsar — s'en échappe. La seconde : le pulsar lui-même arrache de la matière à la naine blanche avec son rayonnement. La première option est plus plausible : après une certaine étape de l'évolution du système binaire, une naine blanche d'environ 1,2 masse solaire naît, et elle peut souffler un vent pendant plusieurs dizaines de milliers d'années. Cela suffit pour cacher le pulsar.
Il s'avère que nous avons attrapé le système à un moment bref de sa vie. Le vent s'éteindra — et le pulsar cessera de disparaître. C'est pourquoi ces paires sont rares : la plupart sont déjà invisibles pour nous ou ne sont pas encore nées. PSR J1928+1815 est comme une scène de film où un phare scintille puis s'éteint dans le brouillard d'un vent étranger.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2604.03385
PSR J1928+1815 is a 10.55 ms millisecond pulsar in a 3.6 hr orbit with a massive ($$1.0$$-$$1.6\,M_{\odot}$$) companion that produces extended radio eclipses. The companion, proposed to be a stripped helium star, is undetected in optical and infrared surveys. We present deep near-infrared imaging using Keck/NIRC2 with laser guide star adaptive optics. No source is detected at the pulsar position down to a $$5\sigma$$ limit of $$K_s \approx 21.3$$. Using stripped-star atmosphere models and conservative extinction estimates, we show that any plausible helium star companion would have been detected, ruling out this interpretation. A massive white dwarf (WD) companion remains consistent with the non-detection. We consider two possible origins for the eclipses: (1) absorption in a wind driven by a young, hot WD, and (2) material ablated from the WD by the pulsar. The former can naturally arise following Case BB mass transfer, which produces $$\sim 1.2\,M_\odot$$ WDs capable of sustaining winds of $$\dot{M} \gtrsim 10^{-12}$$-$$10^{-13}\,M_\odot\,{\rm yr}^{-1}$$ for $$\sim 10^4$$-$$10^5$$ yr, sufficient to obscure the pulsar at GHz frequencies. The latter requires efficient coupling of the pulsar's spin-down luminosity to the companion to drive the needed mass loss, which may be difficult to achieve. If the eclipse is powered by a WD wind, the system is likely observed in a short-lived phase; alternatively, if the companion is an older WD, the origin of the eclipsing material remains unclear. The apparent uniqueness of PSR J1928+1815 is consistent with a short detectability lifetime, though formation rate estimates remain uncertain.
Le pulsar PSR J1928+1815 effectue 95 tours par seconde — plus vite que les lames d'un mixeur de cuisine.
Dans la série « Star Trek », les pulsars étaient utilisés comme balises de navigation naturelles pour les vaisseaux spatiaux.