Un grain de beauté sur la peau ressemble à une mosaïque de morceaux colorés. Chaque morceau est une petite zone de l'image où la couleur et la texture ne changent presque pas. On appelle ces morceaux des superpixels. Si on les relie par des lignes, on obtient un réseau semblable à un plan de métro : les stations sont les morceaux, et les lignes sont les connexions entre eux. Le poids de chaque ligne indique à quel point deux morceaux sont liés. Les chercheurs ont essayé deux façons d'attribuer ces poids : soit avec une formule toute faite, par exemple basée sur la distance entre les couleurs, soit en laissant l'ordinateur choisir lui-même les poids pour que le réseau distingue mieux le mélanome d'un grain de beauté ordinaire.
On n'a pas construit un seul réseau, mais plusieurs, avec un nombre de morceaux variant de 20 à 100. Cela forme un ensemble : un réseau voit les détails grossiers, un autre les détails fins. De plus, on a coupé les connexions faibles, ne gardant que les plus importantes, et on a vérifié l'effet sur le résultat. Il s'est avéré que les meilleurs résultats sont obtenus avec des réseaux dont les poids sont choisis par l'ordinateur et avec des signaux qui décrivent la texture du morceau, et pas seulement sa couleur. La précision sur les images de test a atteint 99%, c'est-à-dire que sur cent grains de beauté, l'ordinateur ne se trompait que sur un seul.
Cette approche peut être intégrée à des logiciels pour dermatologues : le médecin photographie le grain de beauté, et le système indique immédiatement s'il faut envoyer le patient en biopsie. C'est plus rapide et moins coûteux que d'attendre une consultation chez un spécialiste.
Les superpixels, c'est comme un puzzle où les pièces s'adaptent d'elles-mêmes aux contours des objets sur la photo. Plus il y a de pièces, plus les détails vus par l'ordinateur sont fins.