Une étoile hérite de la composition chimique du nuage de gaz qui l'a vue naître, tout comme un enfant hérite des gènes de ses parents. Les astronomes ont transformé cela en méthode : en mesurant la proportion de carbone et d'autres éléments grâce à la spectroscopie (la décomposition de la lumière en couleurs), ils reconstituent les arbres généalogiques des étoiles de la galaxie. C'est comme une généalogie, mais au lieu de l'ADN, c'est la chimie qui sert de fil conducteur.
Au centre de la Voie lactée, le gaz affluait en torrents tumultueux, les étoiles naissaient rapidement, s'enrichissant des explosions de supernovae. Leur arbre est un buisson emmêlé aux branches courtes et épaisses. En périphérie, sous l'influence des bras spiraux, le processus s'est déroulé en douceur : l'arbre a développé des branches fines, longues et symétriques.
Cette généalogie chimique est une machine à remonter le temps pour les galaxies. Grâce à ces « fossiles », nous lisons l'histoire des éruptions et des vents stellaires, reconstituant la croissance de notre propre Galaxie.
Certaines étoiles les plus anciennes de la Voie lactée ne contiennent presque pas d'éléments lourds, comme si elles étaient restées figées à l'époque de l'Univers primordial.