De minuscules aimants sur un réseau — le modèle d'Ising classique — décrivent généralement comment les voisins s'influencent mutuellement. Mais que se passe-t-il lorsque le système est étroitement surveillé ? Chaque mesure de l'énergie de liaison est comme un regard qui force les aimants à « se décider » sur leur état. Avec une mesure faible, le système ne remarque presque pas l'observateur, mais dès que l'on augmente la précision, le tableau change radicalement.
Les auteurs de l'étude ont découvert qu'au point critique, les corrélations entre spins présentent un multi-scaling — différentes lois à différentes échelles. C'est comme si le motif d'un tapis semblait différent de près et de loin. De plus, une symétrie accrue apparaît dans la description du système, semblable au phénomène de Nishimori dans les verres de spin, mais dans une autre limite. Cette symétrie peut exister à l'échelle microscopique pour certains protocoles de mesure, ou émerger à grande distance.
Les simulations numériques en deux dimensions ont confirmé les prédictions théoriques, y compris la valeur exacte de l'exposant pour le corrélateur d'Edwards-Anderson. Ce résultat relie les mesures quantiques à la physique classique des systèmes désordonnés, ouvrant la voie à une compréhension plus profonde de la manière dont l'observation façonne la réalité.
Dans le modèle d'Ising, les spins ne peuvent être orientés que vers le haut ou vers le bas, mais leur comportement collectif engendre des transitions de phase, semblables à l'ébullition de l'eau.