Les trous noirs ne sont pas de simples dévoreurs sans visage. Parfois, ils se comportent comme l'eau : ils peuvent « geler » ou « entrer en ébullition », modifiant leur état interne. Des scientifiques ont décrit ce phénomène en considérant la lumière près d'un trou noir comme un gaz. C'est ainsi qu'est née une formule généralisée de l'entropie (mesure du désordre), prolongeant les idées de Bekenstein et Hawking. Rebondissement inattendu : ce désordre est proportionnel à la surface du trou, et non à son volume — tout le contraire de ce que l'on observe dans une tasse de café ou un nuage de vapeur.
La clé de l'énigme réside dans l'anneau de lumière formé par la courbure de l'espace-temps. Ses propriétés — vitesse de rotation, divergence des rayons — épousent fidèlement la température et la pression du trou noir. En observant l'anneau, on peut littéralement voir le trou traverser ses métamorphoses.
L'entropie d'un trou noir — mesure de son désordre — augmente avec la surface, et non avec le volume. Comme si une pièce semblait plus encombrée à cause de la surface des murs, et non de ce qu'elle contient.
Le célèbre anneau lumineux d'« Interstellar », c'est précisément cet anneau de lumière qui révèle les secrets du trou noir.