L'Univers est un livre fini. Son expansion accélérée, alimentée par l'énergie noire, scelle les pages lointaines, les transformant en chapitres inaccessibles. L'expansion accélérée dessine un horizon, comme pour un trou noir : ce qui se trouve au-delà est perdu. Mais la nature quantique du texte est encore plus perfide : lire modifie les lettres. John von Neumann a montré que l'observateur ne voit qu'une réponse, pas l'original.
Aussi élégant que soit le modèle de l'Univers, on ne peut pas le vérifier entièrement. Le volume total d'information (son entropie) est grand, mais fini, et seule une petite partie est accessible. Leonard Susskind et Eugene Wigner ont mis en évidence des angles morts fondamentaux pour tout observateur. Rebondissement inattendu : plus on tente de décrire précisément la courbure de l'espace-temps, plus les mesures faussent la vision d'ensemble. Il n'existe pas d'intrigue unique que l'on puisse lire jusqu'à la fin.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2605.13490
We argue that if de Sitter space is indeed represented by a finite dimensional quantum system, then semi-classical considerations, combined with the fundamental principles of quantum measurement theory, imply that any theoretical model of it is ambiguous. If our own universe asymptotes to such a de Sitter state, and if a model of it as a finite system can be embedded in a sequence of models that converges to a non-perturbative completion of a unique superstring model in asymptotically flat space, then one might be able to find a very precise mathematical model of our universe. However, even the most comprehensive experiments possible to local detectors in the universe cannot measure more than a tiny fraction of the total number of q-bits in the system.
Si l'Univers est un livre avec un nombre fini de pages, son entropie totale (mesure de l'incertitude) est semblable au nombre maximal de lettres. C'est pourquoi les scientifiques parlent d'une « trace numérique » de la réalité.
La métaphore du livre aux chapitres inaccessibles provient de la nouvelle de Borges « La Bibliothèque de Babel » — là-bas, les héros cherchent le livre absolu, condamnés à une incomplétude éternelle.