Dans un stade de football, l'émotion de la foule est la somme des conversations individuelles des supporters. Si l'humeur pouvait être à la fois joyeuse et triste, on aurait une superposition quantique. Mais le murmure de milliers de voix fait basculer instantanément ce mélange dans un état bien défini.
Il en va de même pour les objets macroscopiques : leurs superpositions quantiques sont détruites par le bruit interne de myriades de particules. Ce bruit, lié à l'entropie – mesure du désordre – agit comme des interférences aléatoires, faisant s'effondrer l'incertitude aussi soudainement qu'une supernova embrase le ciel. Les physiciens ont montré que l'équation de Schrödinger ordinaire y parvient sans faire appel à un observateur – tout découle de la théorie quantique standard. C'est ainsi que se résout l'énigme qui a tourmenté Schrödinger, von Neumann et Born : la règle de Born, qui prédit les probabilités, se dérive des premiers principes. Le chaos microscopique met lui-même de l'ordre dans le monde macroscopique.
Dans une mole de matière, il y a plus de particules que d'étoiles dans l'Univers observable — et chacune contribue au bruit qui tue l'incertitude quantique.
L'idée d'un chat à la fois vivant et mort a inspiré de nombreux auteurs de science-fiction, des premières nouvelles à la série « Rick et Morty ».