Un détecteur ordinaire de photométrie ne distingue pas un photon venant de gauche d'un photon venant de droite. Mais dès qu'il se met en mouvement, tout change. Un batelier rame entre deux joueurs de flûte qui jouent la même note. Son oreille est réglée précisément sur cette note et reste sourde à toutes les autres hauteurs. À cause du mouvement, la mélodie venant de devant monte dans les aigus, celle venant de derrière descend dans les graves. L'oreille ne capte que celle dont le décalage ne sort pas de la fréquence préférée. Ainsi, le batelier n'entend que le musicien de devant. Le même principe s'applique à la lumière. Lorsqu'un détecteur en mouvement n'est sensible qu'à une bande étroite de fréquences, comme en spectroscopie, les photons venant en face lui paraissent « bleuis », ceux qui le rattrapent lui paraissent « rougis » (effet Doppler). Si le décalage dû à la vitesse finie de la lumière tombe dans cet intervalle étroit, le détecteur préfère une direction. Ainsi, le mouvement crée la directionnalité. Le plus surprenant : le photon lui-même ne choisit pas de côté — il reste dans l'incertitude quantique, comme s'il suivait les deux chemins à la fois. Le détecteur ne fait que déplacer les probabilités en faveur de l'un d'eux.
Curieusement, bien que le détecteur acquière une directionnalité, le photon reste en superposition — il ne « choisit » pas son chemin. Le mouvement ne fait qu'augmenter la probabilité de le détecter d'un côté, sans violer l'incertitude quantique.
Dans la science-fiction, les capteurs détectent souvent des signaux venus de l'espace — cet effet pourrait aider à distinguer de quel côté un objet s'approche, sans avoir besoin d'antennes encombrantes.