Deux minuscules miroirs dans le vide, comme des patineurs en couple. Leurs oscillations se synchronisent par un fil gravitationnel invisible. En les refroidissant à des millionièmes de degré au-dessus du zéro absolu, ce fil les transforme en un lien quantique unique — le mouvement de l'un se répercute instantanément sur l'autre.
Un laser enregistre l'état quantique sur le miroir gauche. Grâce à la gravité, l'information se transmet partiellement au miroir droit. Une lumière spécialement purifiée (photons sans bruit) amplifie l'effet.
Si l'expérience réussit, elle prouvera la nature quantique de la gravité. Deux corps massifs, intriqués uniquement par la gravité, montreront que l'espace-temps est quantifié, tout comme les ondes électromagnétiques. Einstein cherchait une théorie unifiée ; cette expérience la transforme d'un rêve en un objectif pratique.
À température ambiante, les chocs thermiques sont des milliards de fois plus forts que l'attraction gravitationnelle entre les miroirs. Mais dans le froid, à moins d'un millionième de degré du zéro absolu, c'est la gravité qui devient le chef d'orchestre de la danse quantique.
L'idée d'un lien gravitationnel quantique fait écho aux « transmetteurs à gravitons » de la science-fiction — des dispositifs qui utilisent la courbure de l'espace-temps pour communiquer. Ici, ce n'est pas de la fiction, mais un plan de laboratoire.