Les astronomes ont passé tout le ciel au peigne fin avec un radiotélescope, comme s'ils réglaient un récepteur géant sur une seule fréquence dans un océan de parasites. En 30 secondes, l'instrument a décomposé le bruit radio en millions de bandes étroites — c'est la spectroscopie — et a cherché dans chacune un signal net, semblable à un signal artificiel, provenant de millions d'étoiles, dont beaucoup possèdent des exoplanètes. Aucun n'a été trouvé.
Mais le résultat principal est inattendu : la chasse aux extraterrestres a produit la carte la plus précise du bruit radio de la Galaxie. On l'utilise désormais pour rechercher la matière noire — cette « charpente » invisible de l'Univers qui, comme l'a montré Vera Rubin, maintient les étoiles ensemble. Les particules de matière noire pourraient se transformer en ondes radio près des étoiles à neutrons — ces vestiges ultra-denses d'étoiles, parfois visibles comme pulsars. La découvreuse des pulsars, Jocelyn Bell Burnell, a prouvé que ce sont des « laboratoires » idéaux. Maintenant que l'on connaît le niveau de bruit, les scientifiques pourront mieux identifier les signaux de la matière noire.
Ce relevé rapide servira de base à de futurs projets, visant non seulement la recherche d'intelligence extraterrestre, mais aussi la détection des ondes gravitationnelles ou du rayonnement hydrogène des premières étoiles.
En 30 secondes, le radiotélescope a pris plus d'images que tous les utilisateurs d'Instagram pendant le même laps de temps, et sur aucune d'elles il n'y avait d'extraterrestres.
Ce travail fait écho au célèbre film « Contact », où des scientifiques écoutaient également le bruit radio à la recherche d'un signal d'une civilisation extraterrestre.