D'habitude, on se représente un trou de ver comme un tunnel dans l'espace, dont les parois sont maintenues par quelque chose d'inhabituel – de la matière à énergie négative. Comme des étais dans une mine qui empêchent les voûtes de s'effondrer. Mais dans ces travaux, les physiciens se sont passés d'étais. Ils ont pris trois espaces vides différents (ce qui reste quand on retire toutes les étoiles et les planètes) et en ont réorganisé les coordonnées – comme un tailleur qui retouche un costume sans ajouter de tissu. Ils ont obtenu trois trous de ver : un avec une gorge plate, comme un couloir rectiligne, et deux avec une gorge sphérique, comme une arche ronde.
Ces trous de ver ne sont pas de simples astuces géométriques. L'un d'eux se comporte comme une construction purement topologique – comme un ruban de Möbius qui n'a pas de face privilégiée. Les deux autres créent une véritable gravité, bien qu'ils ne contiennent aucune matière. Mais le plus inattendu, c'est qu'on ne peut pas transformer progressivement un trou de ver ordinaire avec de la matière exotique en un trou de ver vide. C'est comme essayer de transformer un pont en arche en pont suspendu sans démonter la structure – ils sont fondamentalement différents.
Il s'avère que les trous de ver vides ne sont pas une version simplifiée des trous de ver ordinaires, mais une classe d'objets à part entière. Ils vivent dans un secteur séparé de « l'espace de configuration » – un catalogue imaginaire de toutes les géométries possibles de l'Univers. Et ils ouvrent une nouvelle perspective sur la manière dont l'espace peut relier des régions éloignées sans aucune magie.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2606.08022
We examine three degenerate spacetime configurations with wormhole topology, obtained via branching coordinate transformations of the Rindler, Minkowski, and Schwarzschild vacuum metrics.These configurations are, respectively, a Rindler wormhole with a planar throat, and the Klinkhamer and Schwarzschild Klinkhamer wormholes with spherical throats. Within the framework of the Einstein Palatini Cartan formulation, we demonstrate that these degenerate configurations are matter free. In this regard, they differ fundamentally from their nondegenerate wormhole counterparts in the thin shell model, which require exotic matter. Nevertheless, the degenerate configurations considered here exhibit distinct physical manifestations, ranging from purely topological structures to genuine gravitational effects. Furthermore, in all three examples, we demonstrate the absence of a limiting transition from the non-degenerate spacetime to the matter free degenerate configuration. This suggests that degenerate geometries constitute an independent sector of the configuration space of general relativity.
Le mot « trou de ver » a été inventé par le physicien John Wheeler en 1957, par analogie avec les galeries que creusent les taupes, reliant deux points de la surface par le chemin le plus court à travers la terre.
Dans le film « Interstellar », le trou de ver près de Saturne permet aux héros d'atteindre une autre galaxie – et, contrairement à de nombreuses intrigues de science-fiction, sa visualisation est basée sur les équations réelles de la relativité générale.