Dans les détecteurs d'ondes gravitationnelles comme LIGO, un interféromètre fonctionne : un faisceau laser rebondit entre des miroirs dans des bras de plusieurs kilomètres et détecte des décalages de l'ordre du millième de proton. Mais lorsque la puissance atteint le mégawatt, les miroirs se mettent à « hurler » — la lumière, en se réfléchissant, les fait vibrer encore plus fort, exactement comme un micro placé devant un haut-parleur. Ce grondement étouffe le faible appel des ondes gravitationnelles provenant des fusions de trous noirs ou d'étoiles à neutrons.
Les ingénieurs ont calmé le tremblement avec un faisceau supplémentaire : ils l'ont réglé pour que sa crête arrive dans le creux de l'autre, et les ondes s'annulent mutuellement — comme dans un casque à réduction de bruit, mais pour la lumière. Les calculs informatiques et une expérience sur LIGO en fonctionnement à Livingston ont montré que l'amplification de la vibration s'est effondrée de près de cent fois. Cette méthode, développée par Rainer Weiss, Kip Thorne et Barry Barish, ouvre la voie à de nouveaux télescopes — Cosmic Explorer et Einstein. Ils capteront les ondes d'événements aux confins de l'Univers et permettront de vérifier comment l'espace-temps se courbe lors de collisions extrêmes.
Grâce à la constance de la vitesse de la lumière, les détecteurs perçoivent des vibrations du miroir de l'ordre du millième de proton — sans cette stabilité, les ondes gravitationnelles resteraient insaisissables.