Dans un observatoire tranquille, un spectrographe capte la lumière d'une étoile lointaine. L'instrument la décompose en arc-en-ciel — le spectre. Les raies du spectre se déplacent légèrement : une planète invisible fait tanguer l'étoile. Pour repérer ce décalage, les astronomes comparent le spectre à une référence — un « portrait » de l'étoile, assemblé à partir de nombreuses observations.
Une méthode de comparaison est la méthode de la dérivée. Elle examine la rapidité avec laquelle la luminosité varie le long du spectre et, à partir de cette pente, calcule le décalage. Mais si le portrait de référence est assemblé à partir d'images faibles (avec un faible rapport signal sur bruit), la pente est imprécise. C'est comme un interprète distrait par chaque bruissement dans la salle : une réunion d'une heure en dure deux. Les auteurs ont testé cela sur des raies artificielles et des données réelles.
Lorsque le signal devient plus brillant (signal sur bruit supérieur à 1000), l'erreur tombe sous le seuil de sensibilité des meilleurs spectrographes actuels. Et si l'on moyenne plusieurs raies, l'incertitude diminue quelle que soit la qualité. Sur des observations réelles, la différence entre les méthodes n'était que de 12,5 centimètres par seconde pour un gabarit de 78 images — moins que la vitesse de croissance du bambou.
Ce travail rappelle que, dans la quête de planètes de la taille de la Terre, même un défaut microscopique dans les calculs peut induire en erreur. Une erreur silencieuse dans la méthode, presque imperceptible, peut masquer un véritable signal. Et alors, le spectrographe de l'observatoire tranquille captera la lumière sans se douter de la planète cachée.
La méthode des vitesses radiales a permis pour la première fois de trouver une exoplanète autour de l'étoile 51 Pegasi en 1995. Depuis, la précision a tellement augmenté que nous distinguons un vacillement de l'étoile de quelques centimètres par seconde — plus lent que la progression d'un escargot.