Le programme qui génère des recettes de nouveaux matériaux ressemble à un cuisinier fantasque : l'algorithme auto-apprenant propose des centaines de combinaisons, mais seules quelques-unes peuvent être réalisées. Pour ne pas perdre de temps en expériences vouées à l'échec, les scientifiques ont appliqué un triple tamis. D'abord, le modèle informatique élimine les atomes incompatibles, comme le bicarbonate avec le vinaigre. Ensuite, le test de chauffe : l'tendance au désordre détruit la plupart des structures. La troisième étape consiste à revérifier les calculs. Sur 894 idées, 25 ont survécu — comme des pépites d'or dans l'eau de mer. Rebondissement inattendu : les erreurs de calcul étaient presque inexistantes ; c'est simplement la chaleur qui réorganise inévitablement les atomes en formes plus stables, mais souvent inutiles — comme un gâteau qui se transforme en biscotte. Ces 25 candidats promettent des câbles sans perte d'énergie, des ordinateurs quantiques et des dispositifs de mémoire quantique. Pour les étudier, on les « radiographie » avec différents faisceaux — l'équivalent de la vieille pique à gâteau. Les fondements théoriques ont été posés par Erwin Schrödinger et Richard Feynman. La thermodynamique des atomes suggère que l'absolu est inaccessible, mais ces 25 restent la meilleure prise pour l'instant.
Moins de 3 % des prédictions informatiques se sont révélées viables – à peu près la même proportion que l'or dissous dans l'eau des océans.
L'idée de prédire des matériaux par ordinateur fait écho au roman « L'Âge de diamant » de Neal Stephenson, où les nanotechnologies créent la matière selon un plan numérique.