Une cellule vivante reçoit des signaux chimiques dont l'intensité fluctue, comme une flamme sur une cuisinière capricieuse. Pour ne pas rater son plat — c'est-à-dire pour ne pas dévier de son programme de développement — la cellule ne se contente pas d'étouffer les perturbations. Elle se comporte comme un cuisinier expérimenté : elle goûte, se trompe, et ajuste soigneusement la recette pour s'adapter au feu.
Des scientifiques l'ont confirmé en étudiant le développement du tissu nerveux grâce à la simulation numérique. La cellule-cuisinier ajuste constamment la sensibilité de ses protéines, comme un cuisinier dose ses épices. Cette méthode d'essais et d'erreurs rappelle les algorithmes d'apprentissage, et le principe sous-jacent qui tend vers l'ordre a été formulé par Boltzmann.
Ce niveau d'organisation élevé signifie que la cuisinière bruyante n'est plus à craindre. Mais si la rétroaction est excessive, des oscillations apparaissent, semblables à des tourbillons dans un plasma, et le fond de signal global évoque le Fond diffus cosmologique. La mesure du désordre est l'entropie, et la cellule la réduit en atteignant la perfection culinaire. De plus, un même signal chimique peut orienter la cellule vers des destins différents — comme une même note, dans des tonalités différentes, donne naissance à des mélodies distinctes.
Un même signal peut déclencher différents programmes cellulaires — comme une note qui sonne différemment selon la tonalité.