Les nuages de gaz où se déroule la formation stellaire se sont révélés être en couches, comme un gâteau. Avec une fourchette, on prend le biscuit ; avec une cuillère, la crème ; avec un couteau, les noix. Il en va de même pour les couleurs d'émission du gaz chaud (les raies) : certaines montrent un quasi-vide, d'autres des amas comprimés des milliers de fois. C'est pourquoi les mesures d'une même nébuleuse ne concordaient pas : chaque instrument goûtait sa propre part et la prenait pour le tout.
En combinant les données, les astronomes ont vu le tableau complet. La densité dans le milieu interstellaire varie de négligeable à énorme.
Cela explique les variations de température au sein des nébuleuses. Même dans la nébuleuse d'Orion, pourtant étudiée en détail, se cachait un gaz des centaines de fois plus dense. Les données du James Webb et les modèles numériques confirment qu'une telle dispersion des densités est typique des autres galaxies. Par conséquent, les calculs de masse et de métallicité doivent être révisés — or c'est la base de notre compréhension de la vie des galaxies.
Même dans la nébuleuse d'Orion, observée depuis le XIXe siècle, on vient seulement de trouver un gaz des centaines de fois plus dense — ce qui a obligé à recalculer la masse totale du nuage.