Pour connaître la composition de l'atmosphère exoplanétaire d'une planète autour d'une autre étoile, les astronomes capturent la lumière de l'étoile qui traverse cette atmosphère lors de son passage. C'est comme deviner la recette d'une soupe en sentant la vapeur quand la casserole masque brièvement la lumière. Le géant ELT, avec son spectrographe ANDES, deviendra un nez ultra-sensible capable de décomposer l'arôme en des milliers de nuances. La simulation numérique a montré que, autour des naines rouges, la vapeur d'eau est l'« arôme » le plus marqué. La vapeur d'eau sur la planète TRAPPIST-1 d sera détectée en 10 observations, le dioxyde de carbone en 15, le méthane en 30, et l'oxygène en 40. Ironie du sort : l'oxygène, principale biosignature de la vie, est le plus difficile à déceler. Sur les 18 mondes étudiés, seuls 8 enverront un signal clair d'au moins un gaz dans un délai raisonnable. Mais TRAPPIST-1 d est un véritable concentré : les quatre composants seront révélés en moins de 36 passages. Cependant, même un géant comme celui-ci aura besoin d'années pour renifler l'oxygène.
Le système TRAPPIST-1 se trouve à 12 parsecs de nous : si on le plaçait à la place du Soleil, les sept planètes tiendraient à l'intérieur de l'orbite de Mercure, mais trois d'entre elles reçoivent autant de chaleur que la Terre.