Dans l'apesanteur, une poêle brûlante et une noisette de beurre tournent l'une autour de l'autre. C'est une naine blanche massive (une étoile dont la masse limite a été calculée par Subrahmanyan Chandrasekhar) et son compagnon léger, riche en hélium. L'attraction fait couler le beurre vers la poêle, et en chemin il forme un anneau lumineux — le disque d'accrétion. Ce disque est chauffé à des millions de degrés et brille intensément en rayons X et en ultraviolet. En décomposant la lumière en couleurs (spectroscopie), les astronomes en déduisent la température et la composition. La rotation rapide de la paire génère des ondes gravitationnelles — des ondulations de l'espace lui-même.
Les scientifiques ont construit un modèle numérique détaillé, basé sur les travaux de Johannes Kepler et Max Planck. Il calcule la luminosité du système binaire en tenant compte du vieillissement des étoiles (évolution stellaire), de la composition chimique (métallicité) et de la poussière cosmique dans le milieu interstellaire. Pour décoder rapidement les signaux, ils ont utilisé l'apprentissage automatique — un réseau de neurones entraîné sur des millions d'exemples. Désormais, il prédit avec précision les masses et les orbites même à partir de données incomplètes.
Le prototype de la classe AM CVn, l'étoile AM des Chiens de Chasse, tourne sur elle-même en seulement 17 minutes environ, et son compagnon léger est presque entièrement composé d'hélium.