Une casserole d'eau bouillante est couverte de deux couvercles, l'un intérieur, l'autre extérieur. Le thermomètre sous chacun indique sa propre température, mais leur moyenne harmonique (une façon particulière de moyenner, où l'on additionne les inverses) reste toujours inchangée. La chaleur semble obéir à une règle invisible. C'est un peu ainsi que fonctionne la thermodynamique des trous noirs avec charge NUT, un paramètre gravitationnel particulier qui rappelle la charge magnétique.
Les physiciens ont voulu vérifier s'il était possible de décrire un tel trou noir honnêtement, sans ajuster les températures pour obtenir la réponse voulue, mais en les mesurant sur les deux horizons. Il s'est avéré que, pour avoir une image complète, il faut tenir compte d'une rotation cachée. Cette grandeur ne ressemble pas à la rotation habituelle d'une étoile ; elle naît d'une combinaison de la masse et de la charge NUT, comme si un volant d'inertie invisible tournait profondément à l'intérieur du trou.
Cette approche rappelle le diagnostic d'un moteur par le son : sans ouvrir le capot, on peut déceler un défaut caché. Ici, les relations thermiques jouent le rôle du « son », et le trou noir lui-même celui du « moteur ».
La charge NUT doit son nom à trois scientifiques — Newman, Unti et Tamburino — et se comporte presque comme un monopôle magnétique, mais en gravitation.
Dans le roman « La Lumière des étoiles lointaines » de Greg Egan, des voyageurs rencontrent des trous noirs dont les paramètres cachés modifient les lois de la physique qui les entourent.