Un miroir magnétique est un tube ouvert aux deux extrémités. Le champ magnétique y est conçu pour empêcher le plasma chaud de s'échapper : il se resserre aux extrémités, comme un bouchon dans une bouteille. Les particules de plasma qui volent vers la sortie sont repoussées par ces « bouchons » et reviennent en arrière. Mais une partie s'échappe quand même — c'est l'argument classique du « cône de pertes ».
Les auteurs de la nouvelle étude ont abordé le problème comme une optimisation mathématique. Ils ont cherché la meilleure forme du champ magnétique en résolvant les équations pour les particules chargées et le champ électrique auto-cohérent (que le plasma crée lui-même). Et là, deux surprises sont apparues. La première : ce champ électrique agit comme un mur supplémentaire — il réfléchit les particules même là où le champ magnétique est affaibli. La deuxième surprise : si l'on ne tient compte que des électrons, la forme optimale du champ est une bosse au centre du tube. Mais si l'on ajoute les ions, la forme devient habituelle — avec des pics aux extrémités.
Il s'avère donc que le miroir magnétique n'est pas simplement une bouteille magnétique. C'est un système vivant, où la forme du champ et la « clôture » électrique doivent être réglées ensemble. Sans tenir compte de cette interaction, on ne peut pas construire un piège optimal.
Les miroirs magnétiques sont parmi les premiers dispositifs de confinement du plasma. Dans les années 1950, on les proposait comme une alternative plus simple aux chambres fermées en forme de tore, mais on a longtemps pensé que les pertes par les extrémités étaient trop importantes. Aujourd'hui, il s'avère que le champ électrique du plasma lui-même peut fortement réduire ces pertes.
Dans le roman « L'Homme de la Terre » de Tony Daniel, un moteur à base de piège magnétique ouvert est utilisé pour les voyages interstellaires — exactement comme dans ce travail.