Douze étoiles ont reçu un passeport à rayons X. Désormais, pour chacune d'elles, on connaît la dose exacte de rayonnement reçue par une planète située dans la zone habitable, c'est-à-dire la région où l'eau liquide est possible. Le passeport a été assemblé pièce par pièce : les observations d'archives des télescopes spatiaux XMM-Newton, Chandra et Hubble ont été combinées avec des modèles d'atmosphères stellaires. Ainsi, même l'ultraviolet qui n'est pas directement visible a pu être reconstitué.
Les rayons X et l'ultraviolet extrême réchauffent les couches supérieures de l'atmosphère et déclenchent des réactions chimiques. Sur un milliard d'années, un tel rayonnement peut emporter un océan entier. Pour l'étoile Lalande 21185, le flux de rayons X a varié d'un facteur 27 en trois ans, comme si le Soleil devenait soudainement des dizaines de fois plus brillant en rayons X sans raison apparente. Cette variabilité est typique des naines rouges.
Auparavant, les données ne concernaient que les naines rouges. Désormais, l'échantillon couvre des étoiles allant des chaudes F9 aux froides M5.5, y compris celles qui seront visibles directement par les futurs télescopes. Il s'avère que l'échantillon est biaisé en faveur des étoiles actives : il reste à trouver des candidates calmes.
Le passeport à rayons X n'est que la première page. La prochaine étape consiste à élargir l'échantillon : sur les 164 cibles prioritaires, seules 19 disposent de spectres de rayons X de qualité. De nouvelles observations avec Hubble sont déjà planifiées. Les passeports aideront à calculer le temps d'observation des coronographes, ces instruments qui bloquent la lumière de l'étoile pour voir la planète.
L'étoile Lalande 21185 a modifié son flux de rayons X d'un facteur 27 en trois ans, comme si le Soleil devenait soudainement des dizaines de fois plus brillant en rayons X sans raison apparente. Une telle variabilité est typique des naines rouges et complique sérieusement l'évaluation de l'habitabilité de leurs planètes.