Si l'on paie pour un mouvement rapide de la main, la main bouge plus vite. C'est ainsi que fonctionne la récompense. Mais avec l'âge, cette pédale d'accélérateur s'enfonce plus mollement. Des chercheurs l'ont vérifié sur 56 personnes : la moitié de jeunes (environ 20 ans), la moitié de personnes âgées (environ 59 ans). Tous déplaçaient la poignée d'un robot vers une cible affichée à l'écran. Parfois, un bon résultat rapportait 50 pence, parfois rien.
Les jeunes accéléraient davantage sous l'effet de la récompense : leur main gagnait 22,3 centimètres par seconde de vitesse en plus, contre seulement 12,9 chez les aînés. Le temps de mouvement diminuait de 94,6 millisecondes chez les jeunes, contre 44,4 chez les aînés. Mais la précision de l'arrêt ne se dégradait pas, et les personnes âgées s'arrêtaient même plus précisément. Autrement dit, la récompense appuie moins fort sur l'accélérateur, mais le volant reste sensible.
C'est important pour la rééducation après un accident vasculaire cérébral : une récompense monétaire liée à la vitesse peut être moins efficace chez les personnes âgées. Mieux vaut alors valoriser la précision ou le simple fait d'accomplir le geste. Le billet au bout de la piste reste donc un bon stimulant pour les jeunes, mais pour les aînés, il en faut peut-être un autre.
Les participants âgés s'arrêtaient en moyenne plus précisément que les jeunes, même lorsqu'ils bougeaient plus lentement. Cela confirme une observation de la vie courante : avec l'âge, on préfère souvent la fiabilité à la vitesse.
Non publié sur arXiv. Voici sa page, le PDF et la formalisation : vous pouvez vérifier vous-même, pas seulement lire notre analyse.