Rayons cosmiques : les noyaux impairs courent plus vite ✎ express

Original: "Fluxes and spectral indices of rare and abundant cosmic ray nuclei according to the NUCLEON space experiment"
arXiv:2303.16539 · 2023-03-29 · arXiv non-exclusive · analyse indépendante · 2 min
Dans les rayons cosmiques, les noyaux impairs rares se révèlent plus rigides que les noyaux pairs courants.

📄 Version "Simple" affichee, "Populaire" n est pas encore prete. Ajoutez-le aux favoris pour aider a la prioriser.

Les rayons cosmiques sont des noyaux atomiques accélérés à des vitesses proches de celle de la lumière. Ils arrivent sur Terre de toutes les directions, et leur composition nous renseigne sur ce qui se passe dans les recoins lointains de la Galaxie. Le satellite NUCLEON a collecté ces particules pendant plusieurs années, et ses données révèlent maintenant une étrange régularité : plus un noyau est rare dans la nature, plus son spectre est rigide.

Le spectre est la relation entre le nombre de particules et leur énergie (ou leur rigidité — l'énergie divisée par la charge). En général, le nombre de particules diminue lorsque l'énergie augmente, et la pente de cette relation est la même pour tous les noyaux. Mais pour les noyaux impairs rares (comme le fluor ou le sodium), la pente s'est avérée différente : leur proportion parmi les particules de haute énergie est plus élevée que celle des noyaux pairs courants (oxygène, néon). Comme si les noyaux impairs étaient mieux accélérés.

La rigidité est l'énergie d'une particule divisée par sa charge. Les particules de même rigidité sont déviées de la même manière dans un champ magnétique.

Les auteurs de l'étude ont tenté d'expliquer cela par une ionisation incomplète. Lorsqu'une onde de choc provenant d'une explosion de supernova accélère la matière, les atomes peuvent ne pas perdre tous leurs électrons. Un noyau avec des électrons restants a une charge effective plus faible, et donc, à énergie égale, une rigidité plus grande. Ces noyaux « à moitié habillés » peuvent franchir les barrières magnétiques différemment des noyaux entièrement ionisés. Si les noyaux impairs rares conservent plus souvent leurs électrons aux premiers stades de l'accélération, leur spectre sera plus rigide.

Pour l'instant, ce n'est qu'une hypothèse, mais elle relie élégamment les données de NUCLEON à la physique des ondes de choc. Si elle se confirme, nous pourrons mieux comprendre comment les supernovae fabriquent les rayons cosmiques — et pourquoi la composition de ces rayons diffère de celle de la matière ordinaire.

Le satellite NUCLEON a fonctionné en orbite de 2014 à 2017 et a capturé plus d'un million de particules de rayons cosmiques pendant cette période.

Scientifiques
Paul DiracEmilio Gino SegrèBernhard RiemannJoseph WeberKarl SchwarzschildKip Thorne
Notions
indice spectral spectre des rayons cosmiques rayon de charge indice spectral scalaire pli noyau galactique actif activité AGN variable noyaux galactiques rouges source de rayons cosmiques de très haute énergie chrome stabilité nucléaire croûte désintégration nucléaire nombre effectif d'espèces de neutrinos propriétés des étoiles à neutrons spectre de perturbations rigidité nustar effets du rayonnement magnétique points rouges de noyau actif de galaxie