Une goutte d'eau additionnée de polymères élastiques tombe sur une surface qui repousse l'eau aussi bien qu'une feuille de lotus. À l'impact, le liquide s'enfonce dans les microscopiques creux de la surface, étirant une fine queue — comme un élastique tendu. Puis l'élasticité fait rétracter la queue, mais l'inertie et la gravité, décrites par Isaac Newton, l'étirent davantage. Finalement, le bout de la queue se gonfle en une boule, et la goutte entière rebondit, comme un élastique relâché. Ce processus a été filmé grâce à la photométrie, une technique ultrasensible qui capture les moindres variations de lumière.
En modifiant le relief de la surface — la taille de ses bosses et de ses creux — on peut contrôler la forme de la queue et le rebond. Le paradoxe, c'est que ce sont précisément ces irrégularités, qui devraient retenir le liquide, qui le font rebondir. Cette découverte sera utile pour les vitres autonettoyantes, les vêtements déperlants et l'impression jet d'encre de précision — les gouttes d'encre atteindront leur cible avec exactitude.
La feuille de lotus reste sèche grâce à des micro-bosses recouvertes d'une pellicule de cire — c'est l'effet lotus. Les scientifiques copient ces structures pour créer des revêtements superhydrophobes.
La goutte élastique rappelle le métal liquide T-1000 de « Terminator 2 » : lui aussi peut changer de forme et se reconstituer sans se déchirer.