Les travaux voisins sur arXiv abordent le même problème : relier des dispositifs quantiques par des canaux optiques. Certains construisent des ponts quantiques au sein d'un même cryostat, d'autres téléportent des états micro-ondes à des températures élevées, d'autres encore explorent l'intrication comme support de données. Cet article franchit une étape supplémentaire : il sort le canal photonique du réfrigérateur et relie deux cryostats indépendants par une fibre optique d'un kilomètre. C'est la première réalisation d'un canal cohérent entre circuits supraconducteurs distants, et non entre éléments d'une même installation.
Deux convertisseurs électro-optiques en nitrure d'aluminium sont installés dans des cryostats à dilution séparés, à une température de 50 mK. Chaque convertisseur comprend un résonateur supraconducteur en niobium et un double anneau optique. Une impulsion micro-onde à 9,960 GHz est appliquée au premier convertisseur (Félix), convertie en photon optique et envoyée à travers une fibre monomode SMF-28e de 1 km. Au second convertisseur (Albert), le signal optique est reconverti en micro-onde à 4,606 GHz. Les fréquences des résonateurs sont ajustées par une tension continue allant jusqu'à 160 V, et l'accord entre la paire est obtenu par effet Vernier : une légère différence des intervalles spectraux libres garantit l'existence d'une paire de résonances quasi coïncidentes dans la bande télécom.
Les deux convertisseurs ont montré une efficacité de conversion sur puce supérieure à 0,1 % pour une puissance optique d'environ 4 mW. La bande passante de conversion est de 34,5 MHz pour Félix et de 13,0 MHz pour Albert. L'efficacité totale de la liaison micro-onde-optique-micro-onde atteint −60 dB sur puce, soit 80 dB de mieux qu'une paire de modulateurs électro-optiques commerciaux. La cohérence du canal est confirmée par la mesure de la phase de la matrice de diffusion et par interférence avec un oscillateur local. Des données au format QPSK ont été transmises avec un diagramme de constellation propre à une puissance micro-onde inférieure à −30 dBm.
Ce travail se distingue des études voisines en réalisant pour la première fois un canal photonique entre deux cryostats distincts, et non à l'intérieur d'un seul. Les travaux voisins sont soit limités à un seul réfrigérateur, soit utilisent des longueurs d'onde incompatibles avec la fibre télécom. Ici, la paire de convertisseurs en nitrure d'aluminium fonctionne dans la gamme standard de 1550 nm et est accordée en fréquence à mieux qu'un gigahertz près. Cela lève le principal obstacle à la mise à l'échelle des processeurs quantiques supraconducteurs : l'isolement physique des cryostats.
La prochaine étape consiste à générer de l'intrication entre des photons micro-ondes dans deux cryostats à l'aide de schémas à succès annoncé. Cela permettrait de contourner le seuil de 50 % d'efficacité pour la communication quantique. En parallèle, on peut améliorer l'efficacité des convertisseurs en réduisant le volume des modes et en augmentant le facteur de qualité des résonateurs. L'augmentation de l'espace entre les électrodes et l'anneau optique réduirait le bruit ajouté sans perte d'efficacité.
Ce résultat influence directement l'architecture des ordinateurs quantiques modulaires et des futurs réseaux quantiques. Un canal photonique d'un kilomètre entre cryostats constitue un bloc prêt à l'emploi pour des processeurs supraconducteurs distribués.
Réaliser l'intrication de photons micro-ondes entre deux cryostats via un canal photonique en utilisant des schémas à succès annoncé. Optimiser la géométrie des électrodes pour réduire le bruit ajouté tout en maintenant l'efficacité de conversion.
Pour le calcul quantique supraconducteur, le principal problème non résolu est la mise à l'échelle au-delà d'un seul cryostat. Ce travail montre que des canaux photoniques peuvent relier des circuits supraconducteurs distants sans perte de cohérence, ouvrant la voie à des processeurs quantiques distribués. La question de la création d'intrication quantique via un tel canal et de la réduction du bruit ajouté au niveau requis pour les opérations quantiques reste ouverte.
Cette section s'adresse à l'auteur du travail et à ses collègues. Les travaux voisins ont été trouvés par une recherche sémantique dans notre archive, et non par correspondance de mots. Nous n'évaluons pas : nous montrons le champ autour.
Ce que fait ce travail
Ce travail démontre pour la première fois la transmission cohérente d'impulsions micro-ondes entre deux cryostats distants via une fibre télécom d'un kilomètre, en utilisant une paire de convertisseurs électro-optiques à base de nitrure d'aluminium. Les efficacités de conversion, la bande passante, la cohérence et la transmission de données QPSK ont été mesurées. L'efficacité totale de la ligne atteint −60 dB sur puce, soit 80 dB de mieux que les modulateurs commerciaux.
Où est sa force
La force de ce travail réside dans l'extension du canal photonique au-delà d'un seul cryostat et dans l'utilisation de la bande télécom standard de 1550 nm, ce qui lève l'isolement physique des cryostats. La haute efficacité de conversion sur puce et l'accord fin en fréquence de la paire de convertisseurs posent les bases pour le passage à l'échelle des réseaux quantiques supraconducteurs.
Vers où avancer
À essayer
Pourquoi cela peut compter
Ce résultat est important en tant que premier pas vers le calcul quantique supraconducteur distribué, où plusieurs cryostats sont reliés par des liaisons optiques. Il ouvre la voie pour surmonter les limitations de taille et de puissance de refroidissement des réfrigérateurs individuels et pourrait accélérer la création de réseaux quantiques.
Travaux voisins dans notre archive
Le travail le plus proche de l'archive se situe à 0.64 par le sens — le niveau habituel de notre corpus.
Un kilomètre de câble coaxial atténuerait le signal micro-onde 1000 fois plus que la fibre optique utilisée. Un modulateur électro-optique commercial nécessiterait une puissance de modulation d'environ un watt pour cette tâche, alors que dans l'expérience, moins d'un microwatt a suffi.