Le Soleil projette dans l'espace des nuages de plasma d'hydrogène – un gaz brûlant chargé électriquement. À l'intérieur, ces nuages sont parcourus de filaments magnétiques emmêlés, comme un écheveau de laine embrouillé. Mesurer directement cet enchevêtrement invisible semblait impossible, mais des astronomes ont réussi à l'« entendre ». Lorsque les particules du nuage se déplacent le long des lignes de champ magnétique, elles émettent des ondes radio. La fréquence du signal dépend de l'intensité du champ – cette relation entre électricité et magnétisme a été mise en lumière par les travaux de Lorentz et Faraday. En captant ce « chant » émis par une éjection en mouvement, les scientifiques ont calculé la tension des filaments magnétiques : 5,6 à 7,9 gauss. La découverte clé est que ce champ intense n'est pas uniformément réparti, mais concentré dans de minuscules nœuds, visibles sur les images comme des volutes lumineuses. Ces « boucles » magnétiques portent l'essentiel de l'énergie capable de déclencher une tempête sur Terre. Comprendre leur structure permettra de mieux prévoir les orages spatiaux.
Une éjection moyenne emporte environ un milliard de tonnes de matière de la couronne solaire – c'est la masse d'un millier de monts Everest.