Les particules de matière noire peuvent se comporter comme de la mélasse : dans un modèle, elles ne se gênent pas ; dans un autre, elles se bousculent légèrement, créant une viscosité. Cela détermine la vitesse à laquelle les trous noirs géants au centre des galaxies tombent l'un vers l'autre et fusionnent.
L'observatoire spatial LISA captera les ondes gravitationnelles de ces fusions. Si l'on enregistre environ 70 signaux, leur fréquence révélera si la matière noire était visqueuse. Cette méthode rappelle comment, en écoutant le bruit des pommes qui tombent, on peut savoir si elles sont tombées sur l'herbe ou dans du sirop. Étonnamment, LISA est conçue comme le système auditif humain : trois détecteurs, espacés de millions de kilomètres, agissent comme nos oreilles, captant les frémissements de l'espace-temps.
Fritz Zwicky a suspecté l'existence de la matière noire en 1933, et Vera Rubin a prouvé dans les années 1970 que les galaxies tournent comme si elles étaient maintenues par une structure invisible. Aujourd'hui, on sait que la matière noire est cinq fois plus abondante que la matière ordinaire.