Une eau de lac paisible : la moindre ride en brouille la profondeur. De même, dans les capteurs quantiques, le bruit — ces tremblements aléatoires — engendre de l'entropie (du désordre) et tue la précision. Les physiciens ont trouvé la parade : brouiller l'ordre des événements. On peut jeter une pierre et suivre son reflet en même temps, en mélangeant les deux actions dans une superposition. Les ondes interfèrent alors et s'annulent — la ride disparaît.
Contrairement aux codes correcteurs habituels, comme ceux de Shor, qui exigent des mesures constantes et génèrent eux-mêmes du bruit, ici les erreurs se corrigent sans intervention. On place la mesure et une particule auxiliaire dans un « mix quantique » de séquences, et les perturbations s'auto-éliminent.
De tels capteurs pourraient détecter les ondes gravitationnelles, les champs magnétiques du cerveau et les traces chimiques en spectroscopie. Et tout cela, sans une seule mesure, simplement grâce à un ordre d'interactions astucieux.
Même par temps calme, les molécules d'eau tremblent sans cesse sous l'effet de la chaleur. Cette ondulation invisible est le portrait exact du bruit quantique qui perturbe les instruments les plus sensibles.
Dans « Premier Contact », les extraterrestres perçoivent le temps de manière non linéaire — tout comme dans le monde quantique, où cause et effet peuvent s'inverser.