Pour repérer la vie sur d'autres planètes, inutile de chercher de l'oxygène dans l'air. Les êtres vivants colorent la surface de leur monde : les plantes terrestres en vert, les bactéries en violet. Le futur télescope spatial HWO pourra capter ces « couleurs de la vie » sur les exoplanètes. Tel un artiste, il décomposera la lumière de la planète en des dizaines de nuances grâce à la spectroscopie, à la recherche de signatures colorées caractéristiques. On s'attend à des traces particulièrement vives là où il y a de l'eau liquide et des composés à base de carbone.
La principale difficulté réside dans la faiblesse du signal. Le télescope aura besoin de 20 à 40 fois plus de lumière utile que de bruit, et d'une large gamme de couleurs — du visible à l'infrarouge thermique. C'est la seule façon de ne pas confondre les teintes du vivant avec des minéraux inertes. Au siècle dernier, l'astronome Nancy Grace Roman rêvait déjà d'instruments capables de distinguer la couleur des mondes lointains. Aujourd'hui, son rêve est devenu un défi d'ingénierie.
Si la méthode fonctionne, nous pourrons affirmer avec certitude, pour la première fois, qu'il y a de la vie sur un point lointain de l'espace. Peut-être sa palette ne sera-t-elle pas du tout verte : sur la jeune Terre, des bactéries pourpres dominaient, et une vie violette de ce genre pourrait bien être la règle plutôt que l'exception.
Les plus anciennes couleurs de la vie sur Terre sont des pigments verts de bactéries, vieux de 1,1 milliard d'années. On les trouve encore dans les roches.
Dans « Avatar », les jungles luminescentes de Pandora sont de puissants signaux colorés de vie. Le télescope HWO partira à la chasse aux mêmes couleurs cosmiques.