Une famille emménage dans un petit appartement au centre-ville. Si le déménagement s'est déroulé sans encombre, des proches auraient pu s'installer avec elle. Mais si la famille a été chassée de son ancienne maison par une tempête, elle se retrouvera seule dans le nouvel appartement. C'est à peu près ainsi que les astronomes démêlent le destin des Jupiter chauds — ces planètes géantes qui orbitent tout contre leur étoile, parfois plus près que Mercure ne l'est du Soleil.
Sur plus de 500 Jupiter chauds confirmés et environ 2000 candidats supplémentaires, seuls dix ont des planètes voisines proches. C'est très peu. Si ces géants s'étaient déplacés doucement vers leur étoile à travers le disque de gaz et de poussière, les voisins auraient été plus nombreux. Cela signifie que dans la plupart des cas, le chemin a été différent — brutal et destructeur : la planète a d'abord adopté une orbite allongée, puis l'étoile l'a attirée vers elle, et en cours de route, elle a bousculé les autres planètes.
Les astronomes ont analysé les données du télescope spatial TESS couvrant ses cinq premières années de fonctionnement et ont estimé la fréquence des voisins proches en transit autour des Jupiter chauds. Le résultat est d'environ 8 % — c'est la limite inférieure de la proportion de ces géants qui ont migré calmement ou qui sont nés sur place. La comparaison avec d'autres méthodes de recherche montre que les Jupiter chauds avec voisins orbitent probablement dans le même plan que leurs compagnons, mais qu'ils passent un peu plus souvent par le bord du disque stellaire, ce qui suggère une légère inclinaison de leurs orbites.
Pourquoi est-ce important ? Si nous comprenons par quel chemin les Jupiter chauds arrivent le plus souvent sur leurs orbites, nous pourrons mieux imaginer comment sont structurés les systèmes planétaires en général — et à quelle fréquence des mondes semblables à la Terre peuvent survivre à côté de tels géants. Les rares voisins des Jupiter chauds ne sont pas simplement une bizarrerie statistique, mais une fenêtre sur le passé tumultueux de mondes lointains.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2601.13302
Of the > 500 confirmed transiting hot jupiters and approximately 2000 additional candidates today, only ten are known to have nearby companion planets. The survival of nearby companions means that these hot jupiters cannot have migrated to their present location via dynamically disruptive high-eccentricity migration but instead have undergone disk migration or formed in situ. The occurrence rate for these nearby companions, therefore, constrains the relative efficiency of different hot jupiter formation pathways. Here, we perform a uniform box least-squares search for nearby transiting companions to hot jupiters in the first five years of TESS data. Accounting for observational completeness and detection efficiency, we arrive at an occurrence rate of $$(7.6^{+5.5}_{-3.8})\%$$, which is a lower limit on the fraction of hot jupiters that underwent disk migration or in situ formation. Comparing this rate with that derived from transit-timing variation searches suggests that hot jupiters are likely mostly aligned with their nearby companions, but their apparently higher incidence of grazing transits may point to a slight preferential misalignment. We also synthesize evidence that hot jupiters with nearby companions may have cold companions at a rate similar to that of other hot jupiters. Comprehensive transit, radial velocity, and stellar obliquity measurements in hot jupiter systems with nearby companions will be necessary to fully account for the relative prevalence of proposed hot jupiter formation pathways.
Le Jupiter chaud WASP-12b est si proche de son étoile que celle-ci lui arrache de la matière, donnant à la planète une forme d'œuf.
Dans le roman de Stanisław Lem « Solaris », la planète-océan orbite autour d'une étoile double, mais son orbite étrange est longtemps restée une énigme — tout comme les chemins de migration des vrais Jupiter chauds.