La balance à ressort dans le sac à dos du géologue réagit à chaque colline et à chaque creux sous ses pieds. Mais le ressort se fatigue et ses lectures dérivent : il faut sans cesse le comparer à une référence. Le gravimètre atomique, lui, mesure la gravité sans erreur, mais il est gros comme un réfrigérateur et n'aime pas les secousses.
Dans une forêt tropicale, sur une zone de 24 kilomètres carrés, une expérience a été menée : deux gravimètres à ressort légers ont été portés le long de parcours, tandis qu'un gravimètre atomique, installé à la base, servait de référence. Les instruments à ressort revenaient pour être étalonnés, et leur dérive — la lente déviation des mesures — était calculée et soustraite. En sept jours, ils ont obtenu une carte de gravité avec une précision d'un microgal : c'est un millionième de la gravité normale avec laquelle la Terre attire une pomme.
D'habitude, une telle précision n'est atteinte qu'avec des instruments de laboratoire. Ici, elle a été obtenue sur le terrain, dans la chaleur, l'humidité et les secousses. Le schéma hybride — une référence atomique plus des travailleuses légères — pourrait devenir la norme pour la cartographie de grandes zones dans des endroits difficiles d'accès.
Un microgal est la variation de gravité que l'on ressent en s'élevant de seulement trois millimètres au-dessus du sol.